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Une petite anecdote de pêche au "Mbenga" avec Raymond :

Raymond en 1990, a un Mbenga au bout de sa canne, le poisson démarre a la vitesse "grand V" avec le vif dans la bouche, il parcoure environ une centaine de mètres en 5 secondes et d'un seul coup fait brusquement demi-tour à 180°, le fil de la canne tombe à l'eau en se détendant complètement... Raymond mouline.. mouline encore et il n'arrive pas à tendre ce fil !! Raymond ne sait plus où est son Mbenga ?? cela prend 4 à 6 secondes quand !!.... d'un seul coup ce Mbenga surgi hors de l'eau la gueule grande ouverte, est face à Raymond surpris, ce saut se passe à 3 mètres du bateau et le Mbenga retombe en frappant sa mâchoire sur le franc bord du bateau à 30cm de ses genoux ... Raymond est blême et n'en revient pas ... il a vraiment eu peur, le Mbenga repart comme pour sa première course et refait ce même schéma plus de dix fois d'affilée. Raymond est confronté pour la première fois à ce genre de combat et est persuadé que le Mbenga l'attaquait, il revenait à chaque fois et exactement à l'endroit où le fil était tendu,...ouf il n'y que le Mbenga qui a succombé mais Raymond n'a jamais oublié cette belle lutte; ce genre de bataille qui vous fait monter l'adrénaline .... Ce Mbenga ne pesait que 17 kg mais cet instant restera gravé dans la mémoire de Raymond comme son plus beau souvenir.

Une deuxième petite anecdote de pêche au "Mbenga" avec Raymond :

Raymond travaille un Mbenga et une bataille est toujours différente à chaque fois. Celui-ci se monte gaffé dans le bateau, jolie bête, déposée sur le sol, le Mbenga fait une trentaine de kg, Raymond ce jour là,avait des invités à bord et connaissant très bien ce poisson, il ne le décroche jamais de ses hameçons lorsqu'il est encore vivant même dans le bateau... Donc, Raymond debout à environ 50 cm du poisson tend son bras et son doigt pour montrer à ses invités comment le poisson est accroché et en même temps repère l'œil du Mbenga qui bouge dans sa direction tout comme pour le regarder... C'est comme un éclair, le Mbenga saute sur Raymond, en ouvrant toute grande sa gueule, happe sa main à plus d'un mètre de haut, une dent pénètre dans sa main, Raymond a juste eu le temps de la retirer par réflexe avant que le Mbenga referme sa gueule et qu'il puisse lui couper d'autres doigts... Ouf !!! Raymond saigne autant que le Mbenga gaffé, l'attaque était si rapide et tellement impensable!... Raymond en a encore le souvenir. On peut encore voir la cicatrice sur sa main gauche, un tendon avait été tout de même sectionné !! Comme Raymond ne pars jamais sa trousse de secours super bien équipée il faut le reconnaître, il a recousu lui-même sa blessure après désinfection. !! Raymond me dit qu'énormément de blessures se font avec les Mbenga même morts !!! car les pêcheurs ne font pas attention quand ils marchent dans le bateau et cognent pieds nus contre la bouche du Mbenga ou alors ceux-ci s'aventurent à toucher les dents trop rapidement et sans prendre de précautions. Il n'y a jamais eu de Mbenga qui a attaqué des Européens nageant dans l'eau, nous sommes trop gros pour lui, mais par malchance beaucoup de Congolais ont eu des accidents, Raymond m'explique: le fleuve est une eau qui est peu trouble par les alluvions en suspension et le sable qui est remué par un courant qui est souvent d'une vitesse variant entre 11 et 15 km/h et les Congolais de peau foncée n'est pas repérable pour le Mbenga ...MAIS ! la paume des mains et des pieds de ceux-ci étant plus claires, le Mbenga par erreur croît voir un petit poisson et ne fait qu'une attaque d'abord parce qu'il est très peureux et ensuite parce qu'il ne revient pas quand il sent une résistance... L'attaque est toujours très destructrice et généralement d'un seul coup de mâchoire, les mains ou les pieds sont définitivement perdus. Un curé de Mossaka en haut du fleuve dans le nord venait voir souvent Raymond pour lui acheter de la fibre polyester et résine pour confectionner de faux pieds à ces mutilés du Mbenga. Les accidents se font souvent lorsque les Congolais vivants au bord du fleuve se baignent pour leur toilette ou lorsqu'ils se laissent dériver sur leurs pirogues en laissant traîner leurs mains dans l'eau .... Chose à ne pas faire !

Une troisième petite anecdote de pêche au "Mbenga" avec Raymond :

Raymond se demandait comment attirer le Mbenga au plus près de son bateau afin d'en attraper plus !! connaissant bien la peinture carrosserie, il se met à peindre le fond de son bateau en noir afin que celui-ci ne se voit pas trop par rapport aux cannes posées sur les côtés du bateau et ce pendant la dérive le long des falaises qui bordent le fleuve là où l'on pêche le Mbenga. Une autre idée lui vient a l'esprit : pourquoi ne pas attirer le Mbenga en dessinant un banc Mormyrops longirostris sous la coque du bateau et l'idée se réalise, Raymond dessine un banc de poissons sous la coque de son bateau. Tout fier d'avoir trouvé une solution idéale pour attirer le Mbenga auprès de ses vifs accrochés à ses cannes, le week-end suivant, Raymond met son bateau à l'eau et part à la pêche. La journée est très chaude, même trop chaude pour la pêche au Mbenga, cela fait deux heures que Raymond dérive avec ses cannes posées le long des rivages verdoyants et profite d'écouter la nature qui chante " les oiseaux et les "ploufs" de poissons qui se battent dans les herbes immergées....quand tout à coup ... UN GRAND BOUM sur la coque du bateau, celui-ci vacille de gauche à droite. Que se passe t-il ? Raymond pense de suite que le bateau en dérivant à touché un rocher, il démarre le moteur et s'éloigne de l'endroit doucement parce que le bateau fait en fibre de verre ne fera pas le poids contre les rochers. Tout en s'éloignant, Raymond connaissant très bien les pièges du fleuve, regarde autour de lui et se dit " M..de il n'y a pas de rochers ICI ” , on est en "haute eau" et même en "basse eau" je ne touche jamais rien AIE AIE AIE ....! que c'est-il passé ? Il pense immédiatement aux poissons dessinés sous sa coque, des dégâts ? Raymond ne connaît pas les dégâts occasionnés à sa coque et décide de rentrer afin de ne pas prendre de risques car il sait, qu'il est malsain de nager à cet endroit fréquenté par des Mbenga et en plus dans ces parages, il y a de trop nombreux de tourbillons dans l'eau qui empêcheraient le meilleur des nageurs de rejoindre une des rives à la nage. Une fois rentré au club nautique, Raymond descend sa remorque à l'eau et remonte son bateau au sec... s'empresse d'aller sous la coque pour voir les dégâts et constate l'empreinte des dents d'un Mbenga en plein sur un des Mormyrops longirostris , Raymond frissonne, il a la chair de poule et constate en voyant l'état de sa coque que seul un "Benga" d' un poids d'environ de 15 à 20 kg a pu faire cette attaque... un morceau d'environ 5cm sur une profondeur de 0,5cm au centre du bateau à l'endroit d'un dessin de mormyrus était carrément enlevé et des traces de dents plantées tout autour. Bon sang, et si le Mbenga aurait été plus gros.... ma coque.... ? Commentaires de Raymond: Je pense que ce Mbenga a dû quand même manger "de la purée avec une paille" pendant un long moment parce que celui-ci, vu le choc sur le bateau et les empreintes qu'il a laissée, Raymond est certain que ce Mbenga a dû “ destroyer toute sa salle à manger " ... Le danger ! Raymond n'en voulait plus, il a repeint immédiatement le fond de sa coque en blanc et ne conseille à personne de s'aventurer à prendre les mêmes risques que lui.